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Bhooshan Ramloll le bâtisseur

Bhooshan Ramloll le bâtisseur

S'il n'a pas épousé la carrière d'avocat imaginée par son père, il a contribué au boom de l'immobilier mauricien et à la professionnalisation du secteur. Il s'intéresse désormais à la région.

Peu de choses prédestinaient Bhooshan Ramloll à devenir l'un des principaux acteurs de la construction. Son père, huissier à la Cour suprême, voulait plutôt en faire un avocat. «Mais ce n'est pas facile de porter la robe noire quand votre passion est de cons - truire », déclare en souriant cet entrepreneur issu d'une fratrie de cinq enfants. Diplômé du Collège Royal de Port-Louis, il s'envole pour La Réunion où il obtient un BTS en génie civil. De retour à Maurice, il travaille un an au sein du conglomérat IBL au département Building Materials. Il y découvre le management et comprend le fonctionnement d'une entreprise. Il étudie aussi très attentivement le secteur de la construction. Il s'aperçoit qu'il existe très peu de professionnels formés et que cela se répercute sur qualité des produits livrés. Bhooshan décide alors de réaliser son rêve secret en créant en 1992 sa propre entreprise : Ramloll Bhooshan Renovation and Building Contractors. Pour cela, il investit… cinq roupies. « Mon seul capital était mon ambition et ma volonté. »

Diversification dans la Promotion immobilière

Il se spécialise dans la construction de villas de haut standing, ayant senti, bien avant la création des IRS (Integrated Resort Scheme) et autres RES (Real Estate Scheme ), que ce marché était porteur. Il comprend également que la finition est un élément très important. Et alors qu'elle représente 50% de la valeur d'un projet, elle demeure un point faible des programmes immobiliers à Maurice. Très vite, la société de Bhooshan Ramloll se fait un nom et le succès est au rendez-vous. Cette réussite s'appuie sur une stratégie très élaborée. « Pour être plus compétitif lors des appels d'offres, je préfère avoir une structure légère et autonome et surtout plus adaptée au marché. C'est pour cela que je multiplie les créations d'entreprises soeurs car « Turnover is vanity and profit is sanity », comme disent les Anglais. » Il décroche de beaux marchés : les sièges de la Banque des Mascareignes et de la State Bank of India ou encore les restaurants des chaînes Nando's et Pizza Hut. Dès 2004, cet entrepreneur dans l'âme investit 150 millions de roupies (4 millions d'euros) pour répondre à la demande en espaces commerciaux et en bâtiments. Son entreprise emploie 700 personnes et elle participe à l'édification des tours de la Cybercité d'Ébène.

À partir de 2006, Bhooshan Ramloll se diversifie dans la promotion immobilière en commençant par la réalisation de 28 logements de standing à River-Walk. Son dernier projet en date concerne la construction à Grand Gaube de 16 villas et de 55 appartements dans le cadre du dispositif IHS (Invest Hotel Scheme) qui permet une acquisition à des étrangers. L'investissement se monte à un milliard de roupies (26,3 millions d'euros). Les équipes de Bhooshan Ramloll s'affairent également dans la région. Après avoir construit deux Pizza Hut à La Réunion, l'entrepreneur prévoit de s'y implanter. Quant à Madagascar, malgré un échec initial dans la construction de piscines et de villas à cause de la situation politique, il compte y retourner rapidement. « Madagascar, en matière d'architecture, est comme Maurice il y a vingt ans. Et la Grande île dispose d'un mar ché de 100 000 personnes prêtes à in - ves tir dans des logements de standing… De toute façon, le secteur immobilier à Mau - rice est saturé. L'avenir, c'est la région ! »

Progression

Bhooshan Ramloll a créé en 1992 Ramloll Bhooshan Renovation and Building Contractors avec 5 roupies en poche. En 2010, cette entreprise a généré un chiffre d'affaires de 130 millions de roupies (3,4 millions d'euros) et un bénéfice net de 8,8 millions de roupies (232 000 euros). L'entrepreneur s'est aussi diversifié dans la promotion immobilière.

Innovation

L'une des premières entreprises à avoir importé du parquet laminé à Maurice et à avoir utilisé de la plomberie thermo-soudée.

Dynamisme à l'extérieur

Après avoir construit deux Pizza Hut à La Réunion, Bhooshan Ramloll a le projet de s'y implanter. Il compte également retourner très vite à Madagascar.

 

Engagement citoyen

 

« Pour rendre à la nature ce que l'entreprise lui a pris, nous allons planter 1 000 arbres pour faire de Maurice une île verte ». Le patron assure aussi un programme de soutien scolaire à ses employés et à leurs enfants.

Questions à Bhooshan Ramloll : « Confiance en soi, détermination, ambition ! »

Bhooshan Ramloll est à la tête d'une entreprise qui est le fer de lance de la professionnalisation du secteur de la construction à Maurice. Parti avec seulement Rs 5 en poche, ce jeune entrepreneur jongle aujourd'hui avec un chiffre d'affaires de Rs 300 millions. Il nous livre son secret.

  • Comment devient-on entrepreneur avec seulement Rs 5 en poche ?

    Il faut d'abord beaucoup de confiance en soi, de détermination et d'ambition. En fait, c'était cela mon capital pour démarrer à l'époque...

  • Pourquoi avoir choisi le secteur de la construction ?

    Durant mes vacances scolaires à l'époque, j'accompagnais mes amis du quartier de Port-Louis où j'habitais quand ils allaient faire de menus travaux de maçonnerie, poser des "blocs"... On était alors en pleine récession à Maurice.
    Au bout d'un moment, j'ai commencé à penser à me mettre à mon propre compte. J'ai alors réalisé que si je choisissais la mécanique automobile (que j'adorais à l'époque), je ne serais qu'un simple garagiste ou tout au plus un Garage Manager.
    Pendant mes études universitaires à La Réunion, les chargés de cours nous faisaient bien comprendre que tôt ou tard il y aurait un boom dans la construction à Maurice. En fait, j'envisageais déjà de m'engager dans cette voie. Et mes chargés de cours ont réussi à me persuader à me lancer...

  • Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut lancer son propre business ?

    Premièrement, il faut bien connaître son marché. Avoir aussi une connaissance approfondie de son marché est essentiel.
    Ensuite, il faut avoir un certain bagage académique. La formation académique est essentielle car il faut au moins maîtriser les rudiments de la comptabilité...
    Ce qui distingue les entreprises qui réussissent des autres c'est qu'à leur tête il y a toujours quelqu'un qui sait gérer l'argent. L'on peut être imbu de toutes les qualités possibles, mais si l'on ne sait pas gérer l'argent, l'on fait faillite tôt ou tard. Comme dit l'Anglais : « Cash flow is king ! ».
    Il faut également savoir rebondir... J'ai chuté à maintes reprises, mais à chaque fois je me suis relevé et je me suis battu... Il y a une très fine ligne entre la réussite et l'échec, que seuls les déterminés peuvent voir.
    Et enfin, il faut que l'aspirant entrepreneur épouse les valeurs fondamentales. La première étant l'honnêteté. Puis l'empathie, cette capacité à se mettre dans la peau de ses employés pour pouvoir les motiver à faire grimper l'entreprise. L'entrepreneur doit réaliser que l'entreprise ne lui appartient pas uniquement ; elle est également aux employés qui travaillent aussi dur que lui pour la faire progresser...

  • En 20 ans, le chiffre d'affaires de votre entreprise a atteint Rs 300 millions. C'est quoi pour vous la réussite ?

    C'est d'avoir réussi à créer une entreprise prospère avec 700 familles autour de moi. C'est aussi d'être un modèle afin d'inspirer d'autres jeunes entrepreneurs.

  • Pour avoir progressé autant dans votre secteur d'activité, quelle est la stratégie que vous avez adoptée ?

    Depuis le début, notre stratégie s'appuie sur la qualité, une valeur qui malheureusement fait souvent défaut à Maurice. C'est offrir à nos partenaires un travail de qualité en choisissant des matériaux de qualité et durables. Pour gagner le marché de la construction, notre stratégie consiste à offrir la qualité et la durabilité...

  • Si vous êtes le lauréat de l'AfrAsia Tecoma Award 2012, pour laquelle de vos qualités aimeriez-vous qu'on vous célèbre ?

    La détermination « to make it happen », comme dirait l'Anglais. Une fois que je commence quelque chose, j'aime la réaliser. Réussir ce que j'entreprends...

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