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2012

Jean-Michel Pitot l'hôtelier anti-crise

Jean-Michel Pitot l'hôtelier anti-crise

« C'est en 2009 que nous avons commencé à envisager d'agrandir notre parc hôtelier pour recommencer une aventure. » L'aventure qu'évoque Jean-Michel Pitot, Chief Executive Officer (CEO) du groupe Attitude Resorts, c'est celle des dix-huit années (de 1990 à 2008) qu'il a passées à la tête de Veranda Reosrts, la branche hôtelière du groupe Rogers.

« Je suis un privilégié car j'ai eu l'opportunité de créer une entreprise à partir de zéro. Nos partenaires financiers nous ont fait confiance sur le projet de construction d'un groupe hôtelier spécialisé sur le créneau des 3 et 4 étoiles. » Jean- Michel Pitot est persuadé que de plus en plus de touristes séjourneront à Maurice dans des établissements de cette catégorie. Et les chiffres semblent lui donner raison. Depuis sa création, en juin 2008, Attitude Resorts a enregistré une progression fulgurante de sa part de marché. Alors que son parc hôtelier était encore limité à 231 chambres - avec le Paladien Marina île Maurice (rebaptisé depuis Marina NHFC) et le Coin de Mire Hotel - début 2010, il dispose à ce jour de 860 chambres. En février 2011, le Récif Attitude (3 étoiles sup), situé à Pointe aux Piments et Tropical Attitude (3 étoiles), situé à Trou d'Eau Douce, tombent dans l'escarcelle d'Attitude Resorts. Depuis septembre 2011, le groupe loue (un bail de dix ans) et gère deux autres hôtels, propriétés du groupe réunionnais Apavou : Les Cocotiers (2 étoiles sup), situé sur le littoral nord-ouest et Bougainville, situé à Trou d'Eau Douce (3 étoiles).

L'hôtellerie est d'abord une attitude

Le projet Creolias, présenté en décembre 2011, s'achèvera en 2013 avec l'ouverture de ce quatre étoiles dans le village de Calodyne au nord de l'île. Ce nouvel établissement d'une superficie de 15 arpents (4 377 mètres carrés) sera le plus important géré par le groupe avec une capacité d'accueil de 215 chambres. Il sera principalement commercialisé sur les marchés anglais, français et allemand, aussi bien en demi-pension qu'en forfait « all inclusive », dans une fourchette de prix comprise entre 125 et 175 euros la nuitée. Coût du projet : 1,4 milliard de roupies (35 millions d'euros). Avec cet hôtel, le nombre d'employés du groupe passera de 630 aujourd'hui à 900. « Nous prévoyons aussi d'agrandir le Tropical en 2014 avec quarante chambres en plus », annonce Jean Michel Pitot qui ambitionne de devenir le champion mauricien de la catégorie 3 et 4 étoiles. Et pourquoi avoir baptisé son groupe Attitude ? « Car l'hôtellerie est d'abord une affaire d'hommes, rétorque Jean-Michel Pitot. Le comportement des employés du groupe – dont les valeurs cardinales sont le respect et l'humilité - est primordial pour la réussite d'une telle entreprise. Attitude se veut le gardien d'une certaine simplicité et de l'authenticité de l'accueil à la mauricienne. »

Progression

Le groupe Attitude Resorts est passé de 231 chambres à sa création, en juin 2008, à 860 chambres en 2012. Le chiffre d'affaires a bien évidemment suivi, passant de 300 millions de roupies (7,8 millions d'euros) à 700 millions de roupies (18,4 millions d'euros).

Innovation

Jean-Michel Pitot a choisi d'évoluer à contre-courant et de se spécialiser dans le segment des 3 et 4 étoiles alors que la tendance générale consistait à monter en gamme vers le segment 5 étoiles

Engagement Citoyen

La Green Attitude Foundation a été créée en 2012 avec pour mission première de préserver l'écosystème marin : ferme de corails, protection de baleines et de tortues. Attitude Resorts mène également des actions sociales auprès des habitants des villages de St François et de Pavillon. Enfin, la direction du groupe a introduit un plan de participation aux bénéfices, ce qui constitue un élément déterminant de fidélisation des employés qui sont tous Mauriciens

Questions à… Jean Michel Pitot, Attitude Resort (hôtellerie) : « L'humilité et le respect »

Il n'a fallu à Jean-Michel Pitot que quatre ans pour réussir là où beaucoup éprouvent encore des difficultés à percer. Parti de zéro, il dispose aujourd'hui d'un parc hôtelier de 860 chambres et d'un personnel de 630 employés. Il affirme avoir construit son entreprise sur deux blocs solides : l'humilité et le respect.

  • En quatre ans d'existence, votre groupe a connu ce qu'il convient d'appeler une progression fulgurante. À quoi attribuez-vous cela ?

    Lorsque j'ai créé Attitude en juin 2008, je n'avais pas prévu une progression aussi rapide. J'ai eu la chance de pouvoir commencer l'aventure Attitude avec deux hôtels, "hérités" en quelque sorte, après une vingtaine d'années d'expériences fortes intéressantes et instructives.
    À la création d'Attitude, je m'étais promis de travailler moins mais voilà que le virus de vouloir toujours faire plus a pris le dessus. Des partenaires m'ont approché pour construire ensemble Attitude et m'aider à amener l'entreprise là ou elle se positionne aujourd'hui.
    La progression fulgurante, comme vous le dites, repose sur quatre piliers : d'abord la confiance de mes partenaires qui ont permis les acquisitions faites au fil de ces quatre dernières années, ainsi qu'un projet d'hôtel de 215 chambres, déjà en construction ; puis sur la qualité des personnes qui m'entourent et leur dynamisme ; ensuite sur la confiance de nos partenaires tour opérateurs qui croient en la stratégie d'Attitude et qui depuis notre création soutiennent chacun de nos projets, et enfin sur la création d'une marque Attitude, spécialiste des trois et quatre étoiles, et dont la promesse est de faire vivre à nos clients l'île Maurice authentique dans des hôtels contemporains au charme mauricien.

  • Les grands hôtels se plaignent de récession. Vous semblez avoir le vent en poupe. Les autres adoptent-ils la mauvaise stratégie ?

    Je n'aime pas cette définition "avoir le vent en poupe"… Il ne faut pas oublier que l'une de nos valeurs chez Attitude reste l'humilité. Simplement dit, je suis opérateur spécialisé dans la gestion des hôtels de catégorie 3 et 4 étoiles ainsi que des hôtels de niche qui, à ce jour, semblent être moins affectés par la crise. Je ne sais pas de quoi le lendemain est fait. Je constate comme d'autre que les hôtels 5 étoiles souffrent plus et je ne m'en réjouis pas car il ne faut pas oublier que ce sont ces mêmes hôtels qui ont véhiculé, et qui le font toujours, notre image de marque haut de gamme. Ce serait une catastrophe si ces hôtels, au pire bien sûr, arrivaient à jouer un rôle moins déterminant pour notre industrie. Ce sont ces mêmes hôtels qui ont toujours beaucoup investi pour que leur produit – et l'île Maurice – reste au top. Une des critiques à leur égard aujourd'hui est qu'ils se sont trop endettés… C'est facile à dire cela maintenant mais il faut reconnaître le bienfait de ces investissements dans le passé et ensemble remettre cette merveilleuse industrie sur la bonne voie.

  • Quel regard jetez-vous sur notre politique nationale en matière de tourisme ?

    Je vais être assez direct : Je ne suis pas sûr que nous n'ayons jamais eu, au sens large du terme, une politique nationale en matière de tourisme. Quand tout allait bien il y a quelques années, peu importe les actions des uns et des autres, l'industrie marchait très bien. Aujourd'hui, les défis sont tels que nous ne pouvons gagner la bataille que si nous avons justement une politique claire et nette de notre industrie. Je regrette de constater que les acteurs principaux, privés et publics, ont du mal à se mettre autour d'une table pour justement se poser les bonnes questions et mettre en place la bonne stratégie. Et puis il faudrait que toute politique nationale soit pérenne sur des durées de dix ans au minimum.

  • Vous êtes une des rares entreprises à Maurice à avoir introduit un plan de participation aux profits. N'êtes-vous pas trop généreux ? Sinon, pourquoi ?

    J'en connais d'autres qui le font depuis longtemps. J'ai introduit cela depuis les premiers jours d'Attitude. Le but ultime étant de pouvoir fidéliser les employés et de pouvoir dignement partager les fruits des efforts des uns et des autres. Suis-je trop généreux ? Non je ne le crois pas ! Car je reste convaincu que c'est la meilleure manière en quelque sorte d'aider à faire marcher mes "family members" ensemble vers une vision commune. Et puis l'hôtellerie c'est une industrie qui se construit dans le temps, et le partage des profits ne fait que renforcer l'adhésion des équipes sur le long terme.

  • La réussite, pour vous, c'est quoi ?

    La réussite au travail, c'est de rêver, d'oser faire et d'atteindre les objectifs. C'est aussi de savoir que les gens sont heureux d'être chez Attitude…

  • Si vous êtes lauréat de l'AfrAsia Tecoma Award 2012, pour laquelle de vos qualités aimeriez-vous qu'on vous célèbre ?

    Tout naturellement, les deux valeurs d'Attitude sont celles dans lesquelles mes collègues me reconnaissent : l'humilité et le respect. Je veux donc que ces valeurs soient célébrées. D'autre part, je crois pouvoir dire que j'ai toujours donné la chance à mes compatriotes mauriciens pour gérer mes hôtels. Certes j'ai parfois eu à prendre des risques en confiant un hôtel à un "jeune". Une de mes qualités donc est que je fais confiance assez facilement et jusqu'à présent, cette approche m'a été assez bénéfique.

  • Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut lancer sa propre entreprise ?

    Une bonne étude de marché, beaucoup de travail, de la persévérance, croire en soi et surtout être bien entouré.

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