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Année 2006

Shyam Surat Directeur de SKC Surat & Co Ltd

Une dimension internationale

À la tête de la petite entreprise familiale des origines, Shyam Surat a su lui donner une dimension internationale dans le négoce de fruits et légumes. SKC Group atteint aujourd'hui les 500 millions de roupies (13 millions d'euros) de chiffre d'affaires dont un tiers est réalisé à l'extérieur de Maurice...

Depuis 1972, Shyam Surat a tissé un véritable réseau international, constitué de contacts personnels. Il a arpenté de nombreux pays, venant voir personnellement les produits (fruits et légumes) et tissant des partenariats qui ont traversé le temps. « Il est primordial de savoir avec qui l'on travaille », explique le CEO (Pdg) du groupe familial. Ainsi est-il présent depuis trente ans en Afrique du Sud, avec le même partenaire, et depuis quinze ans à La Réunion où, depuis douze ans, un partenariat avec Dany Leveneur lui a permis d'occuper une position de leader, notamment dans l'importation de fruits d'Afrique du Sud. S'il importe beaucoup de cette grande puissance d'Afrique australe, le groupe SKC a su diversifier ses sources d'approvisionnement aux quatre coins du monde, jusqu'en Californie, en passant par Israël, l'Inde, la Chine et l'Europe... Un quadrillage du marché planétaire qui lui permet aussi de vendre à certains pays des produits en provenance d'autres pays, sans passer par Maurice. C'est ainsi qu'il exporte de la Chine vers l'Inde ou encore de l'Afrique du Sud vers l'Iran parce qu'il dispose de partenaires dans ces pays.

Ce négoce international n'a pu se mettre en place qu'à travers des relations de confiance tissées durant de longues années. « Au début, se souvient Shyam Surat, mes fournisseurs israéliens me demandaient de payer cash, à la commande. »

Né dans une famille de 13 enfants, ce dernier n'a pas poursuivi d'études après le Bac. Le commerce international et le marketing, il les a appris sur le tas... La meilleure école.

« Il y a quinze ans, on était autosuffisant en pommes de terre »

À 8 ans, il donnait déjà un coup de main à son père qui allait vendre au marché la petite production familiale... Le groupe est resté familial même s'il emploie 165 salariés ; trois frères et un neveu y travaillent et la production locale continue même si elle ne pèse pas lourd dans le chiffre d'affaires total. Mais les frères Surat y tiennent... Et si c'était surtout sentimental jusqu'alors, ils ont décidé d'investir dans cette production locale, profitant de leur tout nouveau centre de distribution, à Wooton (Curepipe), sur la route de l'aéroport. Avec une capacité de 2 000 tonnes en entrepôts frigorifiques et de 3 000 tonnes en espace sec, ils peuvent constituer un véritable « hub » de produits agricoles. « Avec la baisse du prix du sucre, Maurice va devoir développer de nouvelles cultures, explique Shyam Surat. Il y a quinze ans, on était autosuffisant en pommes de terre et l'on en exportait même aux Seychelles. »

À l'occasion de l'inauguration, le 19 avril, de cette nouvelle installation, en présence du Premier ministre, ils se sont montrés moins discrets qu'à leur habitude, organisant un très beau cocktail dînatoire avec un spectacle de la « Art Academy ». « Un bâtiment comme celui-ci, qui se voie depuis la route, on pouvait difficilement le cacher », explique Shyam Surat, comme pour s'excuser d'une médiatisation qui n'est pas dans sa nature. Chez les Surat, on est habitué à travailler sans faire de bruit. Mais l'on sait aussi tisser des liens très forts. Ainsi, pour la soirée du 19 avril, une quarantaine de fournisseurs ont fait le déplacement depuis l'étranger, et parfois de très loin, comme celui qui est venu de Nouvelle-Zélande, subissant près de vingt heures de vols pour ne passer que deux petits jours à Maurice.

Le groupe SKC regarde aujourd'hui du côté de Madagascar dont le fort potentiel ne le laisse pas indifférent, mais il déplore que le fret aérien, au départ de ce pays, soit deux fois supérieur à celui payé au départ d'Afrique du Sud. Cela ne l'empche pas de travailler, avec ses partenaires réunionnais, sur un projet qui implique des fermiers sud-africains et des technologies indiennes et qui permettrait d'améliorer très fortement le rendement de certaines cultures. Des emplacements ont été choisis à différents endroits de la Grande île et, dans un premier temps, le groupe SKC devrait déjà investir 10 millions de roupies (260 000 euros) dans ce projet. La coopération régionale, les Surat n'en parlent pas, mais ils la pratiquent...

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