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Arnaud Leclézio Directeur de Island Management

  • PROGRESSION

    Pour sa première année d'activité, en 2005, Island Fertilizers affichait 150 millions de roupies (3,7 millions d'euros) de chiffre d'affaires. En 2009, le groupe a atteint 1,18 milliard de roupies (29 millions d'euros). Une progression qui repose sur la conquête de parts de marché à Maurice, mais aussi, pour une grande part, sur l'export à La Réunion.

  • INNOVATION

    Nouvelle approche de la production d'engrais, assemblés à partir de granulés et non plus produits à partir de matières premières, dont certaines dangereuses, et polluantes lors de leur transformation.

  • DYNAMISME À L'EXTÉRIEUR

    Développement important à La Réunion et prochainement en Afrique du Sud, avec des joint-ventures à la clé.

  • ENGAGEMENT CITOYEN

    Implication forte à Roche Bois (quartier populaire de la banlieue de Port-Louis), mais aussi, du fait même de ses innovations, l'entreprise a réduit la pollution à Maurice. Elle récupère notamment de la vinasse, polluante, pour la traiter et devrait le faire aussi à La Réunion.

Briseur de monopole et novateur

La création de Island Fertilizers en 2005 a représenté une petite révolution sur le marché des engrais. Cinq ans plus tard, l'entreprise a généré un véritable groupe et se retrouve leader...

Débuts difficiles pour Island Fertilizers qui, en 2005, vient bousculer un monopole de trente ans dans la production locale d'engrais. Mais avec ses associés, Didier Merven et Michel Rivalland, le porteur du projet, Arnaud Leclézio, s'accroche. « J'ai quasiment fait du porte-à-porte pour lever des fonds, se souvient-il. Il fallait acheter le « blender », un investissement de 6 millions de roupies (150 000 euros), pour qu'il arrive dès le début de la saison et la société n'était même pas créée. Nous avons alors fait des chèques personnels... » Cet agronome de formation a commencé son parcours professionnel en Afrique du Sud, pays où il avait suivi ses études, trois ans d'agronomie, mais aussi un MBA et trois ans de marketing international qui l'on amené à s'intéresser à l'éthanol et aux sous-produits de la canne. De retour à Maurice en 1995, il est un peu tôt pour cette diversification de l'industrie sucrière qui profite encore pleinement du Protocole sucre. Aussi, Arnaud Leclézio travaillera dans un autre secteur, celui de la logistique avec un poste de direction à la Société du Port qui comprend notamment FOM (Freeport of Mauritius). Suite aux difficultés de cette entreprise, en proie à des conflits entre ses actionnaires, il perdra son emploi fin 2003. Et c'est alors le retour aux sources pour l'agronome qui, amoureux de la nature, ne comprend pas qu'on puisse encore exploiter à Maurice une usine très polluante en matière de production d'engrais. « J'avais constaté qu'on avait fermé ce type d'usine en Afrique du Sud... » L'idée consiste donc à ne plus importer des matières premières qui peuvent être dangereuses pour certaines et entraînent une pollution lors de leur transformation. Island Fertilizers va importer différents types de granulés qu'elle va mélanger et conditionner. Non seulement, cette approche s'avère moins polluante, mais elle réduit aussi les coûts des engrais vendus aux agriculteurs qui bénéficiaient jusqu'alors de subventions publiques. Inutile de dire qu'Arnaud Leclézio passe alors pour un trouble-fête et il manque de disparaître dans une sanglante guerre des prix. Mais ce descendant de breton n'est pas du genre à baisser facilement pavillon. Cinq plus tard, non seulement son entreprise est toujours là, mais elle fait jeu égal avec son concurrent qui a adopté l'assemblage de granulés comme mode de production. En revanche, sur le marché des engrais liquides, qui émerge, Island Fertilizers, trône largement devant. Ici encore, Arnaud Leclézio a su innover judicieusement en passant un accord avec Alcodis afin de récupérer sa vinasse (liquide rejeté après distillation), ce qui évite aussi qu'elle ne pollue. Après la fermeture d'Alcodis, Arnaud Leclézio nouera un partenariat avec Grays (filiale de Harel Frères). Pour développer ce nouveau type d'engrais qui a l'avantage de traiter des déchets polluants de l'industrie sucrière (de ses distilleries plus précisément), Island Fertilizers a créé Island Renewable Fertilizers avec un partenaire sud-africain, LNT, en joint-venture. Une nouvelle société, Evapo Ltd, joint-venture entre Island Renewable Fertilizers et Grays va permettre de traiter la vinasse par évaporation, ce qui donnera nettement moins de volume à l'engrais produit et facilitera sa livraison aux planteurs.

Aujourd'hui, Island Fertilizers fait partie d'un véritable groupe baptisé Island Management qui coiffe plusieurs entreprises qui apportent un ensemble complet de prestations et de produits aux planteurs. Le groupe a notamment pris le contrôle de Bestagri montée par le Réunionnais Jean-François Rivière qui s'est inspiré des réseaux coopératifs qui ont l'avantage de mutualiser des moyens. « Quand on va voir un client, maintenant, on peut lui proposer de planter de la canne, de la fertiliser, de l'irriguer, de la traiter et de la récolter. C'est un « one-stop-shop », explique Arnaud Leclézio. Ce dernier a compris l'importance e mailler le territoire et, dès le début, il a réussi à nouer un partenariat avec la MCAF, première coopérative de planteurs de l'île, qu'il fera entrer dans le capital de Island fertilizers à hauteur de 10%. Le groupe Island Management se développe aujourd'hui dans la région. Il fournit déjà ses engrais à la SIER, leader du marché réunionnais. Une entreprise avec laquelle des joint-ventures sont en projet. Il s'agirait notamment de produire à La Réunion des engrais organo-minéraux. Des prises de participation croisées sont également prévues avec le Sudafricain LNT.

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