Nominés

Année 2015

Vincent Lagarde

  • PROGRESSION

    Le chiffre d’affaires progresse en moyenne de 20% chaque année depuis le début de son activité en octobre 2000. En 2014, il a atteint 280 millions de roupies (7 millions d’euros), le résultat net s’affichant à 68 millions de roupies (1,7 million d’euros). L’entreprise a commencé avec 7 salariés et en emploie aujourd’hui 170.

  • INNOVATION

    8% du chiffre d’affaires sont consacrés à la Recherche & Développement dont le département emploie 17 personnes, la moitié étant des ingénieurs mauriciens. Les objectifs consistent à améliorer la performance des produits et à concevoir des machines pour optimiser la production. Des machines qui devraient également être exportées.

  • DYNAMISME À L'EXTÉRIEUR

    L’activité est entièrement tournée vers l’export avec 60% du chiffre d’affaires réalisés en Inde. L’entreprise a des implantations en Inde, à Hong Kong et aux Etats-Unis.

  • ENGAGEMENT CITOYEN

    Natec Médical fait beaucoup plus que consacrer 2% de son résultat net dans la responsabilité sociale (soutien à des ONG agréées) comme le lui impose l’obligation légale du CSR (Corporate Social Responsability). En interne, elle développe une politique sociale très avancée.

Il est français et mauricien, Vincent Lagarde, mais très californien dans son style personnel et dans sa conception de l’entreprise. Le genre de patron décontracté qu’on imagine croiser dans la Silicon Valley. Et quand on découvre le « Maeva Centre Building » qui abrite Natec Medical, au sein d’Ebene Business Park, cette impression se renforce. De l’espace, de la végétation et de la lumière naturelle… L’architecture a été conçue pour en faire une entreprise d’un nouveau type. Une entreprise où il fait bon travailler. « Ce qui m’intéresse, c’est le bien-être de mes employés et c’est d’ailleurs mon intérêt car c’est comme ça qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. » Au-delà du cadre de travail, c’est une véritable politique sociale qui vise le bien-être physique et moral des salariés. Ces derniers bénéficient de la prise en charge de 50% des frais de scolarité de leurs enfants de la Form 5 jusqu’au HSC (équivalent du Bac). Sans oublier la prise en charge partielle ou totale, selon les cas, de leur frais de garderie. Les salariés profitent aussi d’un programme de santé qui comprend des tests sanguins, un bilan à l’hôpital Apollo, des consultationsd’ophtalmologiste, une visite chez une diététicienne et un accès à la thérapie du rire. Une fois par mois, on arrête tout, chez Natec Médical, pour se consacrer à des activités sportives et au yoga, au gymnase d’Ebène qui est réservé pour ça. Pour le volley, c’est l’entraîneur national en personne qui officie. Si l’on ajoute les cadeaux d’anniversaire, on voit que les employés de Natec Médical sont particulièrement choyés et l’on comprend le faible taux de « turnover ». Côté salaire, la politique se veut également motivante alors que sur 170 salariés - des femmes à 80% - on compte 110 « petites mains » qui manipulent les cathéters. Ces « petites mains » commencent à 6 200 roupies par mois (155 euros) et voient leur rémunération progresser et atteindre, pour certaines, 16 000 roupies (400 euros). Sans prime de rentabilité qui imposerait des cadences difficiles, mais plutôt des « primes de qualité ». Une politique d’autant plus remarquable que les salaires représentent 50% des coûts de revient de Natec Médical. Et cela n’empêche pas l’entreprise de réaliser 60% de son chiffre d’affaires sur le marché indien. Dans ce pays d’1,3 milliard d’habitants, la production de cathéters est peu développée, notamment parce qu’il n’est pas toujours bien vu que les femmes travaillent. Mais les besoins se révèlent énormes avec le développement des maladies coronariennes.



INNOVER DANS LES SCIENCES DE LA VIE

Natec Médical travaille aussi sur les marchés des pays développés comme les Etats-Unis.  L’entreprise se positionne comme partenaire en outsourcing spécialisé dans la fabrication de dispositifs interventionnels percutanés. Un partenaire qui conçoit et fabrique des dispositifs de cathéters à ballonnet destinés à la cardiologie-radiologie interventionnelle, la gastro-entérologie et l’urologie.Cette activité d’outsourcing ne l’empêche pas de développer ses propres marques aux noms bien typiques comme Tamarin Blue, Filao et Ebony. Le secteur dans lequel évolue Natec Médical est celui des dispositifs médicaux qui a le vent en poupe sur le plan mondial avec le vieillissement des populations et le développement économique qui entraîne son lot de nouvelles maladies. L’impressionnante croissance de l’entreprise de Vincent Lagarde atteste de l’essor de ce secteur. Son chiffre d’affaires progresse en moyenne de 20% chaque année depuis le début de son activité en octobre 2000. En 2014, il a atteint 280 millions de roupies (7 millions d’euros), le résultat net s’affichant à 68 millions de roupies (1,7 million d’euros). L’entreprise a commencé avec 7 salariés et en emploie aujourd’hui 170. C’est un véritable groupe qui émerge. Une première diversification a vu le jour avec Envaste, entreprise spécialisée en gastrologie et urologie, créée en partenariat avec un Français installé en Irlande. Le laboratoire Microlabs, pour sa part, sera lancé d’ici la fin de l’année en microbiologie, notamment pour les tests de stérilité, et cela évitera de faire appel à un laboratoire situé en France. Microlabs travaillera pour le groupe et pour des clients externes. Une activité d’extrusion de tubes va être lancée également, ainsi qu’une entreprise orientée vers la neurologie pour la production de cathéters spécifiques.NatecMedical se positionne comme un acteur dans les sciences de la vie en conduisant une politique de Recherche et Développement dans les composants médicaux, la fabrication et la transformation de dispositifs médicaux, leur stérilisation et leur analyse micro-biologique. Pas moins de 8% du chiffre d’affaires sont consacrés à la Recherche & Développement dont le département emploie 17 personnes, la moitié étant des ingénieurs mauriciens. Les objectifs consistent à améliorer la performance des produits et à concevoir des machines pour optimiser la production. Des machines qui devraient également être exportées. L’activité est donc loin de se limiter aux « petites mains » et l’apport de nouvelles machines devrait permettre d’augmenter sa valeur ajoutée. Une activité entièrement tournée vers l’export avec 4% du chiffre d’affaires consacrés au marketing, investis principalement dans des salaires et dans la participation à des congrès aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

UN NOUVEAU VISAGE MAURICE

L’aventure a commencé en 1998… Aux Etats-Unis. Avec déjà l’idée de s’installer à Maurice. « Mais c’était trop tôt pour ce type d’activité », commente Vincent Lagarde. Cet ingénieur diplômé de l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Strasbourg détient un master en mécanique et un autre en polymères (nouveaux matériaux). Il a commencé par travailler durant cinq ans dans un laboratoire norvégien, basé à Paris, qui travaillait justement dans les ballons de dilatation. Vincent Lagarde y était chargé de la Recherche et Développement. Profitant d’un plan social, il quitte l’entreprise avec quelques moyens et envisage de créer son entreprise en France. « Je n’ai pas trouvé de soutien bancaire et je me suis tourné vers les Etats-Unis où j’ai trouvé un associé. » L’aventure commence donc à Boston, mais dans la situation de plein emploi de l’époque, la ressource humaine se révèle rare et les salaires bondissent. Ayant passé ses vacances à Maurice en 1997, Vincent Lagarde avait pensé à ce pays pour délocaliser une partie de l’activité. « Mais dans ce domaine médical, la destination n’était pas encore assez crédible à l’époque. » Finalement, l’implantation se fera en 2000. Et ce ne sera pas la délocalisation d’une partie des activités (à faible valeur ajoutée et exigeant des « petites mains »), mais une relocalisation complète avec, dans la foulée, le rachat des parts de son associé américain. Quinze plus tard, Vincent Lagarde a fait de Natec Médical une entreprise modèle, très impliquée dans sa politique de responsabilité sociale qui va bien au-delà des obligations légales. Si Maurice impose en effet de consacrer 2% de son résultat net au CSR (Corporate Social Responsability), Natec Médical fait nettement plus. L’entreprise avait d’ailleurs commencé à soutenir l’association « SOS Femmes » il y a dix ans, bien avant que ne soit instauré leCSR. Elle soutient plusieurs ONG agréées comme la MDA (MuscularDystrophy Association) et « SOS Enfants Villages Maurice », principale ONG dédiée aux enfants. Dans le domaine culturel, et donc hors CSR, Natec Médical soutient « Ile Courts », le festival du court-métrage, le festival de jazz Ernest Wiehe et l’Atelier Mozart qui initie les enfants défavorisés à la musique. À titre personnel, Vincent Lagarde est l’un des fondateurs de l’école « Paul et Virginie » en 2002, à Tamarin, sur la côte ouest. Une école maternelle et primaire qui est la cinquième école française du pays, gérée par une société privée à but non lucratif. Le succès est au rendez-vous puisque « Paul et Virginie » accueille aujourd’hui 380 élèves contre 35 à son ouverture.

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